Saint-Pétersbourg n'est pas seulement un portrait officiel avec ses façades infinies et ses avenues austères. Derrière son apparence officielle et « officielle » se cache une ville vivante et en constante évolution. On peut la lire comme un livre où chaque époque a laissé son empreinte, de la luxure impériale au modernisme soviétique et aux graffitis contemporains.
Le code de conception est une tentative de déchiffrer ce langage. Il ne s'agit pas simplement de règles sur la façon de peindre les façades. C'est une vision de l'environnement urbain comme un système holistique où tout est important : de la forme d'un lampadaire et la couleur d'un banc au rythme des fenêtres et des enseignes dans la rue. C'est la compréhension que ce sont précisément ces détails qui composent notre perception quotidienne de Saint-Pétersbourg.
Dans cet article, nous vous proposons de découvrir la ville non pas à travers les yeux d'un historien ou d'un touriste, mais à travers ceux de designers, d'architectes et de citadins passionnés. Ils assemblent ce puzzle visuel en remarquant ce que nous manquons souvent. Leurs observations aident à comprendre à quoi ressemble aujourd'hui le véritable Saint-Pétersbourg, loin des apparences, et comment nous voulons le voir demain.
Saint-Pétersbourg, ce n'est pas seulement l'architecture et l'histoire, c'est aussi un sens particulier du style que ressentent ceux qui vivent dans la ville et créent autour d'eux. Le code stylistique de la capitale du Nord est une combinaison d'élégance discrète, de charme industriel des anciennes usines, de confort des cours intérieures et de rigueur des avenues. Les designers, les architectes et les activistes urbains trouvent leur inspiration dans ce rythme urbain : ils le transposent dans les intérieurs, les enseignes, le mobilier et même les projets numériques. Leur regard aide à comprendre que le véritable style pétersbourgeois ne consiste pas à suivre la mode, mais à savoir ressentir le caractère de la ville et à parler le même langage qu'elle.
- Designer d'intérieur
- Directeur créatif, fondateur du studio Designic
- Il n'est pas recommandé de fixer les panneaux en plastique à l'aide de vis à tête fraisée, car cela pourrait nuire à l'apparence des produits. Une poutre en bois est fixée au bord de la baignoire, sur laquelle les panneaux sont ensuite fixés. Le profilé inférieur du cadre est collé au sol à l'aide de clous liquides ou de mastic.
- Designer
Designer d'intérieur
Saint-Pétersbourg bénéficie d'un climat humide et frais, c'est pourquoi on a toujours envie de se réchauffer. Si possible, optez pour une cheminée. Surtout s'il s'agit d'un bâtiment historique où elle peut être conservée ou restaurée : une cheminée est toujours la bienvenue à Saint-Pétersbourg.
J'utilise souvent des enfilades, par exemple, qui font le lien entre le passé de Saint-Pétersbourg et le présent. Les clients me demandent souvent de « créer un appartement à la mode de Saint-Pétersbourg », mais il n'existe pas de style unique en la matière. Il s'agit plutôt d'interprétations des intérieurs français, italiens et, dans une moindre mesure, hollandais, adaptées à notre réalité. Le style pétersbourgeois en tant que tel ne s'est pas encore formé, c'est plutôt un mélange de traditions européennes, comme cela a toujours été le cas.
Les éléments d'un appartement classique de Saint-Pétersbourg ont toujours été les enfilades et les circulations circulaires. J'essaie d'utiliser ces techniques dans mes projets. Et bien sûr, le parquet est une priorité, car le carrelage ou la pierre ne donnent pas une sensation de chaleur et de confort dans notre climat. Une lumière chaude joue également un rôle important. Ici, une température de 2700 à 3000 K est appropriée pour compenser le manque de soleil.
L'architecture. Sans elle, aucun design ne peut sauver un projet. L'espace doit être organisé de manière intelligente, c'est la base. Et bien sûr, les fenêtres sont notre regard sur le monde. Leur matériau, leur forme et leurs proportions, la quantité de lumière, leur aspect, tout cela influence considérablement la perception intérieure de l'espace. Surtout à Saint-Pétersbourg, où l'obscurité et la grisaille sont omniprésentes, la lumière et la vue deviennent vitales. C'est pourquoi je commence toujours mes projets par une analyse de l'architecture et des fenêtres, puis je passe à la hauteur des plafonds, à l'agencement, à la vue depuis les fenêtres, etc.
Oui, c'est une stratégie tout à fait réaliste et, je dirais même, nécessaire. Nous avons vraiment appris à travailler à domicile, ce qui nous a donné un sentiment de liberté, de flexibilité et de contrôle sur notre propre rythme. Pour ramener les gens au bureau, un simple « revenez » formel ne suffit plus. Il n'est pas nécessaire de se rendre au bureau pour répondre à un e-mail ou discuter d'une question importante. Aujourd'hui, le bureau n'est pas en concurrence avec un autre bureau, mais avec la maison, le restaurant, le café, la bibliothèque, le hall d'hôtel — pratiquement n'importe quel endroit où l'on a accès à Internet. C'est pourquoi l'espace de bureau est obligé de changer, il doit devenir une valeur ajoutée.
Si l'on parle des tendances de Saint-Pétersbourg en matière de design de bureaux, la principale est sans doute la conscience. À Saint-Pétersbourg, un bureau commence toujours par son emplacement, et la vue depuis la fenêtre n'est pas seulement un arrière-plan, mais une partie intégrante de l'espace, son cadre émotionnel. À Saint-Pétersbourg, le contexte visuel est si fort que l'intérieur doit toujours être en dialogue avec lui.
Remarque :
Une autre caractéristique importante est notre rapport à la couleur. Nous ne recherchons pas la nouveauté pour la nouveauté, nous ne courons pas après les contrastes à la mode. Saint-Pétersbourg inculque la retenue, et c'est, à mon avis, une très bonne chose. Nous avons tous grandi parmi des façades peintes selon les normes de la célèbre « palette de Leningrad », développée dans les années 1960. D'où notre amour pour les nuances complexes et « vivantes ». Nous savons distinguer des dizaines de tons de gris, de rose poussiéreux, de marécage.

Directeur créatif, fondateur du studio Designic

« Le bureau du studio Designic et la terrasse avec vue sur les toits de Petrogradka permettent de découvrir la ville non pas à travers des cartes postales, mais à travers la vie quotidienne de Saint-Pétersbourg. Nous avons délibérément choisi de ne pas obstruer la vue, mais au contraire de la laisser entrer et de l'intégrer à l'espace du bureau. La terrasse est devenue un point d'attraction (même si ce n'est que quelques mois par an) : on peut y travailler, se détendre, organiser des réunions ou simplement observer les changements de lumière au cours de la journée. »
Quand on parle d'un bureau moderne à Saint-Pétersbourg, deux éléments sont indispensables : un éclairage adapté et des œuvres d'art. Il ne s'agit pas ici d'options techniques ou d'accents décoratifs, mais de véritables éléments systémiques qui influencent la façon dont une personne se sent dans un espace.
À Saint-Pétersbourg, la lumière biodynamique est particulièrement importante : chez nous, le temps est souvent gris, on a l'impression qu'il fait presque toujours sombre dehors. Et si l'éclairage n'est pas bien pensé, s'il n'est pas adapté aux biorythmes humains, il sera tout simplement fatigant. Un éclairage correctement réglé, vivant, ajustable tout au long de la journée, avec une température variable et des scénarios d'accentuation, « anime » littéralement l'espace et impose un bon rythme de travail. Et si vous voulez avoir une longueur d'avance, je vous recommande d'installer des capteurs sur la façade du bâtiment afin que l'éclairage intérieur s'adapte automatiquement en fonction des conditions météorologiques extérieures.
La deuxième tendance actuelle et inspirante est l'art dans les bureaux. Je suis très heureuse qu'elle prenne enfin de l'ampleur. Nous avons eu un projet qui a littéralement commencé par un objet d'art : le client n'est pas venu avec une demande d'aménagement ou de style, mais avec une idée : « Voici cette sculpture, c'est le point de départ ».
Le confort dans un environnement quotidien n'est pas une question d'apparence, mais de sensation. Et le plus souvent, la raison réside dans les nuances : la façon dont la lumière fonctionne, le son du silence, la perception tactile des matériaux, la façon dont l'espace réagit à votre rythme. Nous avons grandi en nous inspirant d'Alvar Aalto : son approche de l'éclairage et des matériaux naturels correspond tout à fait à notre conception d'un environnement confortable. Il parlait de la « bonté de l'espace », et c'est sans doute la meilleure définition du véritable confort. Nous avons beaucoup appris de lui et nous avons adapté ses idées dans le bon sens. Par exemple, l'amour du vintage n'est pas une stylisation, mais un respect pour les objets qui ont une histoire.
La surface parfaitement plane obtenue après l'installation ne nécessite aucune décoration supplémentaire. Si nécessaire, l'écran en panneaux de plastique peut être facilement démonté.
Des rideaux de la même couleur que le papier peint aideront à rendre la fenêtre moins visible, à la « dissimuler ». Cela se justifie si la fenêtre est trop petite ou, au contraire, trop grande.

« Quand Harry rencontre Sally » (1989)
Étape n° 3 : perçage de l'ouverture de la porte Image tirée du film « Quand Harry rencontre Sally » (1989). Les soirées d'automne sont idéales pour s'envelopper dans une couverture et se plonger dans le monde chaleureux et réconfortant du cinéma. Nous espérons que notre sélection vous aura inspiré et vous aura aidé à trouver le film qui vous procurera un sentiment de confort et de tranquillité. Le papier peint vert dans la cuisine est loin d'être une solution banale. Comme vous avez pu le constater, cette couleur est incroyablement polyvalente : elle peut créer l'atmosphère chaleureuse d'une maison de campagne, le chic austère d'un loft ou une touche fraîche, presque tropicale, dans un intérieur scandinave. L'essentiel est de choisir une teinte qui correspond à vos goûts et au caractère de la pièce.

Il n'est pas recommandé de fixer les panneaux en plastique à l'aide de vis à tête fraisée, car cela pourrait nuire à l'apparence des produits. Une poutre en bois est fixée au bord de la baignoire, sur laquelle les panneaux sont ensuite fixés. Le profilé inférieur du cadre est collé au sol à l'aide de clous liquides ou de mastic.

Image tirée du film « Twilight, chapitre 4 : Révélation, 2e partie » (2012) Avec des portes battantes
En ce qui concerne l'activité des galeries, c'est sans doute ici que les changements les plus intéressants se sont produits. Tout d'abord, on note un intérêt croissant pour le format des foires, tant de la part du public que de la communauté artistique. Il convient de mentionner en particulier l'apparition Foires 1703. D'ailleurs, outre les artistes et les galeries de Saint-Pétersbourg, pratiquement tous les acteurs importants et influents du marché de l'art moscovite participent à la foire.
À l'opposé, on trouve le salon d'art contemporain Third Place Art Fair, organisé par un groupe d'initiative dans l'espace « Troisième lieu » sur le boulevard Liteiny. Ici, l'ambiance est tout à fait différente : intimiste, presque amicale, souvent audacieuse et underground. Mais c'est justement ce qui fait son charme ! Ses organisateurs ont créé non seulement un espace d'exposition, mais aussi un environnement vivant et en constante évolution. On y découvre des noms que personne ne connaissait hier encore, et c'est exactement ce dont Saint-Pétersbourg a besoin.

« Troisième place »
Des lieux discrets, mais très pétersbourgeois, pour ressentir l'esprit de la ville :
· Kolomna et ses environs. Nous partons en excursion depuis la maison de Lev Lurie et partons à la découverte de la région.
· Le café Ôpetit dans l'ancienne pharmacie Pelia sur Gorokhovaya.
· Musée-atelier du sculpteur Anikouchine.
· Jardin botanique de Petrogradka.
· De l'appartement-musée du poète Alexandre Vvedensky.
· Et, bien sûr, la KGallery — jusqu'au 5 juillet, la galerie présente une exposition consacrée au 120e anniversaire de Daniil Harms.
Pour moi, le code design de Saint-Pétersbourg, c'est sans aucun doute la couverture du catalogue Melancholia de l'exposition d'Arkadi Ippolitov.

Exposition « Pourquoi, pourquoi suis-je meilleur que les autres ? » à la KGallery
À Saint-Pétersbourg, principalement grâce au tourisme intérieur, on observe un essor sans précédent. Pour aller dans un restaurant populaire le vendredi soir, il faut désormais réserver une table une semaine à l'avance. À mon avis, les restaurants se sont clairement divisés en trois catégories : ceux où l'on va prendre son petit-déjeuner, ceux où l'on va déjeuner et ceux où l'on s'habille chic le vendredi soir. Par exemple, chez Zoe, à 14 ou 15 heures, vous ne pourrez plus acheter votre croissant préféré à la crème d'amande, car ils auront été mangés au petit-déjeuner.
Autre observation : si auparavant Saint-Pétersbourg était associé à un grand nombre de boulangeries, aujourd'hui, pour chaque boulangerie, deux bars à verres ouvrent leurs portes.
Je suis toujours avec intérêt ce que font mes collègues, en particulier à Saint-Pétersbourg, car un style tout à fait particulier s'y est développé. Il ne résulte pas tant d'une abondance que, au contraire, de contraintes. Lorsque le budget est limité, il faut faire preuve d'un maximum de créativité, mais c'est précisément dans ces conditions que naissent les solutions les plus audacieuses et les plus originales. C'est un plaisir d'observer les projets du bureau de design Apa : ces jeunes ont un sens professionnel aigu et un goût et un style irréprochables.

Designer
Les prix ! Mais sérieusement, le restaurant « La cuisine de la dynastie Ming » a été une véritable révélation pour moi. C'est le cas où tout est parfait, de la salle de bain au design inattendu au « pain d'épices lunaire enneigé avec crème et framboises » au menu. Ce n'est pas seulement un restaurant, c'est une expérience. On sent l'intransigeance dans les détails, même les plus inattendus. L'espace semble avoir été spécialement conçu pour vous donner une légère sensation de désorientation, mais tout fonctionne. Un équilibre très rare entre l'esthétique, le concept et, surtout, une véritable fantaisie gastronomique.

Snack-bar chinois « La cuisine de la dynastie Ming »
La cohérence est sans doute le plus important. Tout doit s'articuler autour d'une idée : la cuisine, la présentation, l'intérieur. Une simple image esthétique ne suffit plus, ce qui compte, c'est l'atmosphère, l'histoire, l'impression qui reste après la visite.
Je pense que nous continuerons encore quelques années à jouer avec l'esthétique des années 1960, 1970 et 1980, mais dans une interprétation moderne et adaptée. Il ne s'agit pas de stylisation, mais d'ambiance, de formes, de matériaux et de combinaisons de couleurs dans une nouvelle interprétation. La tendance mondiale au minimalisme est également évidente, dans le sens où l'on se concentre davantage. Les intérieurs deviennent plus simples, plus calmes, mais beaucoup plus profonds en termes de sens. L'accent est mis sur la nourriture, le service, les sensations tactiles, et c'est, à mon avis, une très bonne direction.

Snack-bar chinois « La cuisine de la dynastie Ming »
Il semble que l'une des principales tendances actuelles de l'industrie culturelle à Saint-Pétersbourg soit le rajeunissement notable de ses dirigeants. Et il ne s'agit pas tant d'une question d'âge que de dynamisme. Plusieurs institutions, telles que « Podpisnye izdatelstva » (Éditions par abonnement), ont déjà franchi le cap de la création et jouent désormais le rôle d'incubateurs : les jeunes qui y sont venus autrefois pour simplement travailler comme vendeurs de livres lancent aujourd'hui leurs propres projets. Il s'agit d'un processus organique : le vieillissement des institutions entraîne le vieillissement des personnes qui les composent. Et « Podpisnye » n'est bien sûr pas le seul exemple. Il y a aussi Masters, qui est également un important pôle de croissance. Beaucoup de ceux qui ont commencé là-bas poursuivent aujourd'hui leur chemin avec leurs propres projets. Ces histoires sont de plus en plus nombreuses et montrent clairement comment l'écosystème culturel commence à se reproduire sans se détruire.
Baignoire ou cabine de douche ? sèche-serviettes. Musée « Une pièce et demie », restaurants et espaces culturels — tout cela a vu le jour sous sa direction. Je tiens à mentionner tout particulièrement Yulia Senina. D'après ce que je sais, elle est arrivée à « Poltoroy Komnaty » en tant que chercheuse, puis a fini par en prendre la direction. musée OBÉRIU dans l'appartement de Vvedensky. Ensuite, nous réalisons le tracé pour la pose du carrelage. Aujourd'hui, on trouve très souvent des matériaux de finition de grand format, allant de 1,20 m sur 60 cm à 3 m sur 1,20 m de largeur. Il est important de comprendre comment vous allez poser le carrelage, combien il y aura de découpes, car le prix varie considérablement en fonction du format. LENDOK — nous y menons actuellement un grand projet. À terme, le bâtiment va subir une transformation importante. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais les changements y seront perceptibles et, je pense, importants.

Cette conversation sur le design à Saint-Pétersbourg montre que notre ville n'a pas un visage unique. Son image se compose d'une multitude de voix : l'harmonie stricte du centre historique, la beauté brute des zones industrielles et les expériences audacieuses des architectes contemporains.
Il est important de noter que ce code n'est pas constitué de règles figées issues du passé. Il s'agit d'une langue vivante, celle que la ville utilise aujourd'hui pour communiquer avec nous. En observant comment les façades anciennes côtoient l'art urbain et comment les cours d'honneur deviennent des lieux de rencontre, nous commençons à lire cette langue et à comprendre l'atmosphère qui règne à Saint-Pétersbourg.
En fin de compte, le code de conception est une invitation. Une invitation à regarder autour de soi avec plus d'attention, à apprécier la beauté existante et à en créer une nouvelle de manière responsable. C'est à chacun d'entre nous de décider si Saint-Pétersbourg restera une simple exposition muséale ou si elle deviendra une maison confortable, inspirante et accueillante pour les générations futures.









